Et si les monstres étaient humains...?

Publié le par Marge

Pour ce qui est de l'information diffusée à la télévision je trouve qu'elle a de bons et de mauvais côtés. L'une des choses qui fait que je trouve qu'il est bien que nous entendons parler des crimes qui nous entourent est que cela permet à certaines personnes de prendre conscience qu'il y a effectivement des criminels dans nos rues. 
Si j'ai décidé de parler de ce sujet c'est parce-que cela fait plusieurs fois que je tombe sur des images montrant l'entourage d'un criminel qui vient d'être arrêté. En effet, on fait une sorte de "micro-trotoir" pour demander comment les voisins percevaient le criminel; systématiquement, l'entourage dit des choses du genre "oh, bah c'était quelqu'un de trés discret" ou "il était sympa, serviable..." ou encore "rien dans son comportement ne pouvait faire penser qu'il était l'auteur de tout ça!" Il est évident que si les criminels se baladaient avec un écriteau sur le front expliquant ce qu'ils font, personne ne deviendrait "victime"! 
Bref, je vais tout de même accorder un point positif à ces extraits de réponses: le fait est que l'on s'apperçoit de l'étonnement des gens lorsqu'ils découvrent la part d'ombre qui se cachait chez leur(s) voisin(s). Ce qui nous prouve une chose trés importante: les criminels ne sont pas des monstres mais bien des humains.
Quelque part, cela me désole de constater que l'on emploit encore le mot "monstre" pour les désigner... En effet, cela ne permet pas aux gens de comprendre que leurs actes ne sont pas les conséquences d'une force exterieur ou d'un gêne inconnu qui ne peut pas se trouver chez les autres, chez les personnes "normales".
Ce qui a était pour ma part, le plus difficile, lors de ma première rencontre avec un criminel à été de constater qu'il était humain et que ça n'était pas un monstre. Je dis difficile dans le sens où le fait de constater qu'il est constituer comme nous, que nous sommes de la même espèce, permet également de prendre conscience que quelque part, nous aussi, nous pourrions passer à l'acte. Tout le monde peut finir par basculer. La preuve est que lorsque je parle de pédophiles on me réplique souvant "si tu pouvais lui couper au passage..." ou encore "Ils sont tous irrécupérables, de toute façon il ne faut pas les soigner, il faut les tuer, ils ne méritent pas de vivre".... bla bla bla, bla bla bla etc... Je ne suis pas négative, c'est juste qu'il est difficile d'entendre souvent le même discours! Mais bon, cela veut dire qu'une grande quantité de gens sont prés à tuer ou a mutiler à cause d'un acte qui les répugnent ou les gênes, et bien, les criminels fonctionnent un peu comme ça. Ils tuent pour appaiser leurs tensions, soulager leurs désirs. La différence, qui est si mince, entre eux et les autres tient seulement au fait qu'ils sont passer à l'acte.
Je tiens tout de même à peser mes mots, car on ne "bascule" pas non plus sans raison, ce qui nous amène à passer à l'acte ou à "tomber" dans la pathologie est un cheminement complexe, une suite d'évènements, un contexte partiulier, une peur réccurente, une construction de personnalité comportant des failles, un environnement familiale difficile ou encore un traumatisme avec lequel on ne peut composer... Il y a donc tout un tas de raisons qui peuvent aider à comprendre un passage à l'acte, mais ces raisons peuvent tout de même toucher tout le monde. Chacun compose et évolue comme il peut avec ce qu'il vit. Pour résumer, je pense que personne n'est réellement à l'abris mais que, bien heureusement, le passage à l'acte ou la pathologie ne sont pas une fatalité ou une réponse obligatoire à une suite d'évènements.
Nous ne devenons pas tous criminels, mais les criminels ne sont pas des monstres, ils sont différents de ceux qui ne passent pas à l'acte, tout comme notre voisin ou notre ami le plus proche est différent de nous.
Alors n'oubliez pas de vous poser cette question: 

Et si les monstres étaient humains...?

Publié dans Dialogue

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