"Naissance d'une vocation" de Marge

Publié le par Marge, La psy-déglinguée

Je tenais à parler de la difficulté ou non de se trouver face à des criminels, en particulier face aux délinquants sexuels. Je ne sais plus très bien si j'en ai parlé dans mon article "et si les monstres étaient humains", mais pour ma part, il est vrai que cela a été assez compliqué d'accépter que la personne qui se trouvait en face de moi était de la même espèce que moi. Le fait de se rendre compte de cela nous amène à tout un tat de raisonnement tel que "si il est humain tout comme moi, cela veut dire que je pourrais également être capable de faire les mêmes attrocités que lui... Alors où se trouve la limite? Qu'est-ce-qui fait que je ne passe pas à l'acte, mon "Surmoi" est-il assez fort pour que mon "Moi" ne succombe pas à un mauvais "ça"? Mon "ça" est-il bien différent de celui de ce criminel?" etc.
Il faut être tout de même bien dans sa tête pour faire ce métier. Pour ma part, j'ai plus de mal à me trouver face aux victimes, en effet, pour le moment je ne me "détache" pas assez de leur ressentit. 
Je vais vous donner un exemple, pour que vous compreniez mieux ce que j'essaye d'expliquer. J'ai eu l'occasion de me trouver face à une mère dépressive qui avait perdu son fils, cette femme était trés touchante mais également trés inquiétante car ses pleurs n'étaient en fait que des sanglots, en réalité, elle n'arrivait pas à réaliser que son fils n'était plus de ce monde, elle était encore en état de choc et ne pouvait donc pas entamer le processus de deuil afin de se reconstruir et de ne pas sombrer dans une dépression totale et totalement pathologique. Bref, ceci n'est pas en lien avec cet article... Lorsque l'entretien s'est terminé, je n'était pas au plus grand de ma forme, cette femme m'a non seulement touchée, mais elle m'a également inquiettée et m'a renvoyée des choses personnelles. En fait, j'avais presque (je dis bien presque) envie de pleurer avec (ou bien pour) elle.  En revanche, la première fois que je me suis retrouvée face à un délinquant sexuel, je n'ai ressenti ni malaise, ni peine, ni angoisse... En réalité, il est plus facile pour moi, de me retrouver face à des criminels plutôt que face à des victimes. Je pense que cela vient du fait que je peux comprendre les raisons qui ont amené une personne à passer à l'acte et à commettre un délit mais que ce n'est pas pour cette raison que je le tolère, je ne tolèrerais jamais que l'on touche un enfant même si j'en comprends les raisons. Pour ce qui est des victimes, je ne fais pas que les comprendre, je me met un peu trop à leur place... Pas terrible n'est-ce-pas?! Mais il est important, je pense, de connaître ses faiblesses et ses points forts pour faire ce métier. 
J'ai rencontré une femme qui, au début de sa carrière ressentait l'inverse de moi, elle était à l'aise avec les victimes, en revanche, les deux premiers entretiens qu'elle a eu l'occasion de faire face à des agresseurs sexuels l'ont écoeuré au point d'aller vomir dans les toilettes une fois ceux-ci terminés... 
Tout ça pour dire que chacun arrive avec ses propres dispositions, nous sommes humains avant d'être psychologues et il faut se connaître, bien se connaître, afin d'exercer de la meilleure façon qui soit notre métier.
C'est d'ailleurs parce-qu'il s'agit d'une profession qui peut nous affécter en tant qu'humain que les psy consultent des psy!


(Faut vraiment que je me mette à la recherche d'un psychanalyste qui me conviendrais bien!!!!)

Publié dans Dialogue

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elodie 01/03/2008 16:44

Eh oui certains psychologues préfèrent travailler avec des criminels comme tu le fais, tout en reconnaissant à la fois faiblesses et points forts comme tu le dis si bien. Et d'autres qui sont plus à l'aise avec les victimes. L'essentiel étant qu'il y'ait un travail de fait avec chacun de ces individus, criminels ou victimes.PS: eh bé bonne recherche de psychanalyste alors!!